Mais où se dirige l’eau de pluie ?

Mais où se dirige l’eau de pluie ?

Le cycle naturel de l’eau est assez simple. Les précipitations qui tombent vont soit ruisseler vers un cours d’eau, soit s’infiltrer dans le sol ou tout simplement être captées par la végétation. Une partie de l’eau retournera à l’atmosphère par évaporation, tandis que l’eau de pluie infiltrée dans le sol peut percoler pour recharger la nappe phréatique ou s’écouler de façon souterraine vers un plan d’eau1

Ce bilan hydrique naturel, c’est à dire la proportion de précipitations qui s’infiltre comparativement à celle qui ruisselle, varie en fonction du milieu (une forêt vs un milieu urbanisé). L’imperméabilisation des surfaces, soit l’action de rendre étanche le sol (compaction, asphaltage, etc.), entraîne une réduction de la capacité d’infiltration et une augmentation du ruissellement1. Cette modification du bilan hydrique entraîne plusieurs conséquences : augmentation des débits de cours d’eau, inondations plus fréquentes et plus importantes, diminution de l’infiltration de l’eau dans le sol, augmentation de l’érosion du sol due à l’augmentation de la vitesse d’écoulement de l’eau, etc.

Ainsi, en urbanisant le territoire, la gestion de l’eau de pluie devient un véritable défi. Au début des années 60, la pratique la plus courante consistait à évacuer le plus rapidement possible les eaux de ruissellement par les égouts pluviaux connectés directement aux réseaux d’égouts municipaux2. Lors de précipitations importantes, les réseaux d’égouts combinés, desservant à la fois les égouts pluviaux et les égouts sanitaires (eaux usées), se retrouvent rapidement saturés. La station d’épuration des eaux usées reçoit alors de trop grands volumes d’eau et c’est à ce moment qu’ont lieu des débordements d’eau non traitée dans les cours d’eau.

SCHEMARESEAU

Afin de diminuer les débordements aux stations d’épurations lors de précipitations, le Québec exigea en 1965 que les réseaux d’égouts des municipalités soient construits de manière séparée ; les eaux de ruissellement s’écoulent dans un égout pluvial et les eaux usées dans un égout sanitaire3. Ce type de réseau permet de diminuer les risques de débordements d’eaux usées puisque l’eau de pluie ne se dirige plus vers la station d’épuration, évitant de la saturer3. Les eaux pluviales sont généralement redirigées vers un cours d’eau naturel sans subir aucun traitement. Même si l’eau semble propre, elle peut toutefois contenir certains polluants (gaz, métaux lourds, déjections animales, etc.) captés lors du ruissellement1.

Chacun peut contribuer à diminuer l’impact des milieux urbanisés sur le cycle hydrique. En récupérant l’eau de pluie (avec un baril), en conservant la végétation et en limitant les superficies imperméables, on favorise l’infiltration de l’eau et diminue la surcharge des réseaux d’égouts.

Relever le défi de bien gérer l’eau pluviale en milieu urbain n’est pas simple, mais devrait systématiquement être considéré dans le développement du territoire puisque lorsque l’on intervient dans le cycle naturel de l’eau, c’est tout un système qui cherche à reprendre son équilibre.  

 

RÉFÉRENCES`: 

1. MDDEFP, MAMROT, 2014. Guide de gestion des eaux pluviales : Stratégies d’aménagement, principes de conception et pratiques de gestion optimales pour les réseaux de drainage en milieu urbain. En ligne http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/pluviales/guide-gestion-eaux-pluviales.pdf.

2. ROBVQ. L’imperméabilisation des sols. En ligne. https://robvq.qc.ca/documentation/publicationsROBVQ/details/104.

3. (CERIU) Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines. 2016. Vitrine municipale. Réseau d’égouts. En ligne. http://www.ceriu.qc.ca/secteurs/reseau-egouts.